LE VIN DE MARIN
Marin, commune de Haute-Savoie située dans le chablais entre Thonon et Evian sur la rive sud du Lac Léman.
Pour une altitude de 430m à 600m, elle bénéficie d'un micro climat extraordinaire apporté par l'impressionnante masse d'eau que procure le Lac léman qui est le plus grand d'Europe (582 km2).
Le sol est très variable entre le plateau qui a une terre riche et profonde pour toutes les cultures courantes et le coteau où nous nous trouvons, un mélange de gravier de pierre et de terre apportée ici probablement par les glaciers.

La superficie de la commune est d'environ 500 ha dont 80 ha classé en A.O.C vin de Savoie cru Marin. Sur cette surface seulement 20 ha sont plantés, tout le reste est de la culture d'élevage. L'exposition du vignoble est Sud Ouest avec une vue imprenable sur toute la côte suisse.

Issu d'un cépage noble, "Ie chasselas", connu depuis plus de trois siècles, travaillé en famille sur une superficie de 5 ha. II est vinifié avec toute la sévérité que le chasselas demande et le souci du travail bien fait, apportant jusqu'à la mise en bouteilles un cru de qualité.
Dégustez-Ie ou découvrez-Ie à la cave, il pourra vous dire tout l'amour et le temps passé pour le produire.
Les cépages rouges autorisés sont le gamay et la mondeuse. Seul le gamay s'adapte bien à nos sols et climat.

 

 

LA VIGNE SUR CROSSES Unique au monde
Dans le vignoble, vous trouverez des "crosses", c'est un mode de conduite de la vigne unique à MARIN.
Le principe : couper un châtaignier, le plucher. Le laisser sécher, et le planter dans Ie sol. Au pied on plante un ou plusieurs ceps de vigne qui vont grimper à la cime de cet arbre. Les plus hautes pouvaient atteindre 12 mètres. Détruites par Ies années il en reste quelques-unes pour préserver la tradition.
Sur la commune de Marin, de 15.000 crosses au 19' siècle on est passé à 200, exploitées uniquement pour la consommation familiale. La tradition est donc perpétuée par quelques fidèles.

AUTREFOIS LE "VIN DU PAUVRE"
Squelette de châtaignier, que l'on allait couper en hiver en montagne, parce qu'il était là-haut de meilleure qualité, la crosse était ensuite écorcée puis plantée dans le sol, comme un piquet. Au pied de la crosse, côté sud, on faisait prendre deux ou trois pieds de vigne, qui donnaient après 3 ou 4 ans.
L'origine de la méthode est encore discutée. Une théorie cependant prédomine, elle serait liée au passage de Napoléon 1 er, qui recrutait des soldats pour ses campagnes d'Italie. Les plus pauvres partirent. A leur retour, ils auraient adapté un système rencontré en Italie : faire grimper la vigne sur arbres... vivants de l'autre côté des Alpes !
Un bon moyen d'augmenter la production, donc les revenus, puisque sur un petit bout de terrain (au départ un simple jardin), on décuplait le rendement. En plus, les vignerons cultivaient sur le même espace leur potager. Rapidement il y eut partout des émules au bord du Léman: "Ces vignes très aérées, étaient moins sujètes aux maladies, mais les vignerons devaient jouer les équilibristes. Parfois les crosses cédaient et les accidents étaient fréquents".